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Musique classique et opéra par Classissima

Riccardo Muti

samedi 28 mai 2016


Carnets sur sol

28 février

Mars et avril au concert – sélection et conseils

Carnets sur sol Suite à des demandes de plus en plus pressantes, voici la sélection de nos facétieux lutins pour les deux mois à venir. (Avec, nécessairement, des ajouts de dernière minute pour des concerts plus confidentiels.) Tiré de ma sélection personnelle, je n'ai pas retiré les codes (les couleurs déclinant la certitude de ma venue et les nécessités de vente). J'attire notamment votre attention sur les jeunes quatuors Hanson et Akilone, tout à fait exceptionnels , qui méritent le déplacement. Une réalité assez récurrente pour le quatuor : les jeunes ensembles sont souvent plus intéressants, moins assis dans les certitudes de leur style personnel ; beaucoup plus de prises de risque, beaucoup plus d'engagement que les grands quatuors (célèbres à juste titre, mais qui, en s'institutionnalisant, perdent un peu de cette fougue). Immanquable, bien sûr, la re-création mondiale de Don César de Bazan de Massenet (Théâtre de la Porte Saint-Martin, le 13 mars), d'après le personnage de Ruy Blas. Avec Jean-Baptiste Dumora , Sabine Revault d'Allonnes, Jean-Claude Sarragosse ! Pour les jeunes, il y a même des places de première catégorie bradées sur BilletReduc. Je suis aussi assez curieux de ce fonds de cantiques finno-suédois du XVIe siècle (salle Cortot, le 29 mars). Autrement, vous trouverez des transcriptions de Beethoven pour octuor à vent (Philharmonie, le 17 avril – Tarkmann est grand), du Damase (1 , 2 , 3 ) par l'École de danse (Palais Garnier, le 18 avril), Caplet à Notre-Dame (le 26 avril) ! À cela s'ajoute un peu de théâtre américain (Albee à l'Œuvre, T. Williams à la Colline) qu'on n'a pas si souvent l'occasion de voir en nos contrées. Et toujours quelques places pas à chères (et bien placées, expérience oblige) à vendre (celles qui sont en rouge). Directement sur ZePass ou par courriel (colonne de gauche). mar. 01 mars (( bastille meistersinger NDP palestrina monteverdi bach haendel mendelssohn mer. 02 mars PP sibelius 3, nielsen flûte, beeth ccto 3, OP p.järvi jeu. 03 mars **** PP sibelius 3, nielsen flûte, beeth ccto 3, OP p.järvi AV **** PP sibelius 3 lupu järvi bastille trovatore MR chosta 5 hindemith visione liszt brceau / muti ONF ven. 04 mars )) bastille barbiere ****PP bruck 9 widmann flûte / inbal OPRF (pahud) sam. 05 mars 16h st grmain musiques sacrées esp boterf CNSM lyon bastille meistersinger MR chosta 5 hindemith visione liszt brceau / muti ONF soubise ctre-sjets haendel bach telemann sonates cctos Programme Georg Friedrich Haendel (1685 – 1759) Trio Sonata en sol majeur, HWV 399 Allegro A tempo ordinario Allegro, non presto Passacaille Gigue (Presto) Menuet (Allegro moderato) Georg Philipp Telemann (1681 – 1767) Double concerto pour flûte à bec, viole de gambe et orchestre en la mineur, TWV 52:a1 Grave Allegro Dolce Allegro Entracte Johann Sebastian Bach (1685 – 1750) Concerto pour clavecin et orchestre en la majeur, BWV 1055 Allegro Larghetto Allegro ma non tanto Georg Philipp Telemann (1681 – 1767) Double concerto pour flûte à bec, traverso et orchestre en mi mineur, TWV 52:e1 Largo Allegro Largo dim. 06 mars 17h st éloi musiques sacrées esp boterf CNSM lyon bastille trovatore colonne 16h trios ac cor/durand/brahms lun. 07 mars (Semaine 10) (( garnier iolanta TCE schubert statz quintette vcls brahms clar talich hoffman lethiec mar. 08 mars ? garnier damrau deutsch ? TCE schubt 3 EOP mer. 09 mars bastille meistersinger garnier iolanta orlouvre Charpentier smne snte daucé Leçon vddi miserere stabat, litanies jeu. 10 mars **** MR debussy prntmps chausson fête poulenc animx ccto org / ONF gabel (latry) bastille trovatore ven. 11 mars **** MR Lalo Jacquerie CNSM gary hoffman jsq 17h30 CNSM manchester PMDavies turnage boulez garnier iolanta gaveau piano : ciurlionis schumann 9 proko la ; MUZA RUBACKYTE massy italienne CHER § 19h15 louvre marchenerz + trio krtg § louvre trios mzt schum ktg widmann par widmann et tabea sam. 12 mars 18h MR Castillon QuatPia, St-S SQ2, Fauré piano / girod, mmbres ONF 20h ? MR Collard msq frçse ? CNSM jolas iliade ¤15h cortot devienne mzt dantin, quatuors avec basson § NDLiban ut 5 beeth 5 galanta § villeneuve-st-g siegfried I/copland clar/5 épisodes heroic ma mre l'oye ONDIF dim. 13 mars ! 16h MR latry org 15€ 16h st martin massenet bazan 17h st-cloud siegfried I/copland clar/5 épisodes heroic ma mre l'oye ONDIF 18h MR mélodies gubisch altinoglu PP 14h30 montgeroult sonate vln pia § 17h Riv' :ground et follias byrd à bach cornet bouquin ou flûtes + trocellier lun. 14 mars (Semaine 11) garnier iolanta mar. 15 mars **** )) bastille trovatore bilyy sartori he ? CNSM jolas iliade AV ****2 PP requ mzt minko gaveau siegfried I/copland clar/5 épisodes heroic ma mre l'oye ONDIF § 20h MR matrise gtuit byrd messe, chnsns janequin desprez, serminsky mer. 16 mars (( châtelet sondheim passion 19h CNSM org amphi AL tchaï mouss rach chosta-juives mélodies § TCE haydn paroles croix herreweghe jeu. 17 mars 12h30 pp mcGown myrthen/clown/passagères/HahnStevenson ? CNSM jolas iliade garnier iolanta singer-polignac hanson SQ beeth 7 mzt quint clar TCE mahler 5 jansons radio bavaroise coriolon beeth § gaveau king's singers Ireland, Tallis, Byrd, Gibbons, Elgar, Britten, The Beatles ven. 18 mars **** châtelet sondheim passion 19h30 arod SQ 20h st-bastille résidnce msq chb § MR ascension, images deb / franck OPRF § TCE lully charpentier leclair rameau otter naouri haïm sam. 19 mars (( bastille R&J proko 15h CiMu the artist ONIDF garnier iolanta MR proko 5 glière ccto cor RK pâque russe / N.Järvi ONF ¤ OR don gio Jean Teitgen, Birgitte Christensen, Anna Grevelius, Laura Nicorescu, Matthew Durkan, Patrick Bolleire Frédéric Roels, mise en scène Chœur Accentus Orchestre de l‘Opéra de Rouen Haute Normandie, Léo Hussain, direction § 17h abbesses beyer hantaï bach dim. 20 mars **** 17h CiMu Artist 14h&17h CiMu the artist ONIDF 16h30 mahler 3 LAP dudamel 17h bagneux siegfried I/copland clar/5 épisodes heroic ma mre l'oye ONDIF ¤ OR don gio lun. 21 mars (Semaine 12) AV ****3 bastille meistersinger garnier iolanta TCE bostridge rousset amadis pygmalion purcell haendel § orlouvre matthäus 1/partie NIEUWE PHILHARMONIE UTRECHT mar. 22 mars amphi AL petite messe rossini AV **** CiMu mzt 25 strauss htbs bizet ut fauré pavane leleux COE pappano (2 plces) bastille R&J proko CNSDM lauréats SG mus chb TCE vivaldi khoury takemitsu mendelssohn hope nemtanu EOP mer. 23 mars bastille R&J proko garnier iolanta gaveau cctos à 2 et 3 clvecins : martin alard rondeau, françoises, PCA ! massy st jean aedes PP rachma cloches cprice bohémien ccto 4 rozh OP jeu. 24 mars )) châtelet sondheim passion ****2 PP rachma cloches cprice bohémien ccto 4 rozh OP 13h st-bastille schubt quat 15 amphi AL petite messe rossini § CNSM atelier lyrique ven. 25 mars AV ****2 PP gardiner matthäus bastille meistersinger MR purcell mary haydn nelson martland eternity / jeannin OPRF & ChRF § CNSM atelier lyrique § OR bach matthäus pichon prégardien Sabine Devieilhe, Julian Prégardien, Stéphane Degout , Damien Guillon, Maïlys de Villoutreys, Terry Wey, Samuel Boden , Thomas Hobbs , Christian Immler § TCE jaroussky legrenzi steffani strozzi sartorio cavalli monteverdi sam. 26 mars 16h orsay delage/pillois/persanes st-s/caplet/pierné/stra brahim-djelloul, mus garde rép bastille R&J proko garnier iolanta OR bach matthäus pichon prégardien soubise akilone SQ schubt12/ravel/dvoCyprès/boutry dim. 27 mars 20h OR bach messe christie watson negri mead mechelen morsch garnier fleming jordan piano lun. 28 mars (Semaine 13) ****2 )) bastille meistersinger garnier iolanta mar. 29 mars bastille R&J proko cortot piæ cantiones en finnois suédois et latins 1582 mer. 30 mars garnier iolanta jeu. 31 mars (( colline t.williams ménagerie de verre jeanneteau (( ville pirandello personnages auteur ****2 PP sibelius 4, nielsen clar, tchaï vln, OP järvi, bell bastille R&J proko CNSM notre falstaff § singer-polignac cc chb § TCE mzt 31, silla, air, britten illuminations, bartok mandarin petibon ONF gimeno ven. 01 avr. )) garnier iolanta stieghorst bastille R&J proko CNSM notre falstaff MR mahler 1 beeth trple ccto / Chung OPRF TCE bruckner 8 nézet rotterdam sam. 02 avr. 11h MR milhaud création menotti maze sosnina sable / OPRF 20€ 15h cortot schumann trio 2 brahms quintette dim. 03 avr. )) œuvre woolf 10h45 cirq tchaï 6 colonne petitgirard bastille R&J proko lun. 04 avr. (Semaine 14) mar. 05 avr. ! résas TCE (( BdN mies julie angl CNSM dir chant (arrngmts op) mer. 06 avr. ****2 TCE lully persée AV **** CiMu airs sérieux et à boire café de la danse farfadet adam jeu. 07 avr. ven. 08 avr. 19h CNSM accmpgnmt vocal le bozec bastille R&J proko billettes livre aliénor//hersant//DeCælis,Brisset SQY claudel annce mrie, beaunesne § PP mazzola b-a millhaud/sacre/rosamunde ONDIF sam. 09 avr. (( bastille rigoletto kelsey )) ville pirandello personnages auteur 17h abbesses schwaiger heine dichterliebe clara liszt, 3 schwanengesang, brahms AV ****2 TCE werther florez didonato rivenq ONF lacombe SQY claudel annce mrie, beaunesne dim. 10 avr. bastille R&J proko hanson SQ harpes camac : mendel, debussy lun. 11 avr. (Semaine 15) bastille rigoletto kelsey BdN i.cooper schumann liszt wagner mar. 12 avr. bastille R&J proko § orlouvre luminis// pachelbel,buxtehude,bach mer. 13 avr. 19h CNSM jeff cohen bastille R&J proko invalides cathdrl création haydn en fr palais-royal sarcos jeu. 14 avr. (( ville madame ong 19h CNSM jeff cohen bastille rigoletto kelsey gaveau poul hirt&lieder//arpeggione/trioOp.99 invalides korngold bloch cctos vcl gaillard lamoureux judd § massy renarde § perreux mazzola b-a millhaud/sacre/rosamunde ONDIF § vx cservtre création haydn en fr palais-royal sarcos ven. 15 avr. **** MR prodigue, srtilèges / Franck, OPRF AV **** dvo 8 grieg ccto tonhalle bringuier thibaudet bastille R&J proko massy renarde puteaux mazzola b-a millhaud/sacre/rosamunde ONDIF TCE rachma symph 2 ccto 1 ashkenasy phia bezezovsky vx cservtre création haydn en fr palais-royal sarcos § louvre mandoline bach 1004 et japs § OR Lully Persée Niquet Hélène Guilmette, Chantal Santon Jeffery, Katherine Watson, Mathias Vidal, Zachary Wilder Jean Teitgen, Élodie Hache, Marie Kalinine, Thomas Dolié, Cyrille Dubois, Tassis Christoyannis Choeur et Orchestre du Concert Spirituel, sam. 16 avr. )) bastille R&J proko )) BdN mies julie angl garnier ballet damase sauguet paulli herblay athalia haendel dim. 17 avr. )) madame ong **** 11h PPR ouv fidelio et symph 7 pour nonette à vent ! 16h herblay athalia haendel bastille rigoletto kelsey garnier ballet damase sauguet paulli lun. 18 avr. (Semaine 16) ****2 garnier ballet damase sauguet paulli debussy schubert quint haydn 20-2 ébène, capuçon mar. 19 avr. *** PP gurre OO 19h gtuit bondy amy beach Peter Pan mer. 20 avr. (( bastille rigoletto lungu ¤ TCE bruck 6 brahms tgq enlightmt rattle jeu. 21 avr. ****2 PP philhar sibelius 5 ccto faune kavakos franck invalides marches funèbres auber adam halévy fauré nuits été deshayes, wellington beeth OR lucio silla skerath fagioli insula equilbey Franco Fagioli, Olga Pudova, Paolo Fanale Chiara Skerath, Hila Fahima Jeune Chœur de Paris, Insula Orchestra, Laurence Equilbey, direction orlouvre lassus herreweghe : larmes st-pierre//madrigx sprtuels § TCE berg frühe mahler 4 mzt divtmto schäfer ONF gatti ven. 22 avr. sam. 23 avr. 11h MR schumann symph 3 norrington OPRF AV **** MR schumann 3 haydn 49 mzt ccto 27 / norrington OPRF (laloum) bastille rigoletto kelsey CiMu lucio silla dim. 24 avr. 12h garnier schumann-reimann chb robert Schumann fantasiestücke, pour violoncelle et piano Aribert reimann aria pour violoncelle et piano Aribert reimann adagio zum Gedenken an robert Schumann, pour quatuor à cordes robert Schumann Quintette pour piano et cordes, op. 44 _ lun. 25 avr. (Semaine 17) mar. 26 avr. bastille rigoletto kelsey NDP caplet charpentier lully bach lallouette ; achille, castagnet mer. 27 avr. jeu. 28 avr. )) colline t.williams ménagerie de vere jeanneteau bastille rigoletto lungu ven. 29 avr. § MR tchaï 4//ginastera malambo//chopin 1// lehninger, OPRF sam. 30 avr. AV **** MR mendel 1//haydn 82//mzt ccto 22//norrington OPRF (cassard) dim. 01 mai lun. 02 mai (Semaine 18) 3**** bastille rigoletto kelsey

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21 mars

Riccardo Muti de retour au pupitre

Le chef d’orchestre italien Riccardo Muti (74 ans) avait dû annuler plusieurs concerts (notamment à Radio France) à partir de […]






Carnets sur sol

8 octobre

[Carnet d'écoutes n°85] – airs pré-Guédron, Ballet de la Nuit version critique, Bellini sur crincrins, des Aida, Kasarova en russe, vérisme & naturalisme…

A. Musique vocale renaissance et baroque 1. CŒUR : airs du cour français de la fin du XVIe siècle Première écoute du dernier disque de Vincent Dumestre, avec un quatuor éclatant de solistes (Lefilliâtre, Le Levreur, Goubioud, Mauillon) et les meilleurs accompagnateurs possibles (Chauvin, A. Mauillon, Dumestre, Abramowicz…). J'y reviendrai assurément pour moi-même, et peut-être pour CSS, La petite frustration personnelle réside dans le choix (cohérent, vu l'époque) de versions polyphoniques pour nombre des titres. Dumestre le fait très souvent, et de fait c'était une norme avant que Guédron n'introduise progressivement la monodie en même temps que la bascule dans l'âge baroque – lui-même ayant majoritairement écrit des airs polyphoniques. Néanmoins, en ce qui me concerne, je suis beaucoup plus touché par la souplesse expressive et le caractère plus direct du verbe en solo, donc aux airs monodiques. Dans les pistes où c'est le cas (« Belle qui m'avez blessé » de Guédron par Lefilliâtre, très beau, ou « Ô combien est heureuse / La peine de celer » d'Adrian Le Roy par Mauillon, miraculeux), on touche vraiment aux sommets du genre – la volubilité musicale et expressive de Dumestre sur ses instruments laisse pantois. Un disque magnifique, qu'il me faut encore apprivoiser – et qui donne l'occasion d'entendre des compositeurs qu'on n'enregistre jamais : Girard de Beaulieu, Pierre-Francisque Carroubel, Jean Boyer, Didier Le Blanc, Fabrice-Marin Caiétain, Adrian Le Roy et bien sûr l'incontournable Anne Honnim. Il n'y a guère que Gullaume Costeley et Pierre Guédron qui appartiennent à des domaines vaguement documentés discographiquement : un jalon considérable (et dans l'interprétation la plus belle possible). Doit paraître en magasin le 30 octobre, mais peut déjà s'acquérir en dématérisalisé. 2. Le Ballet de la Nuit de Cambefort & quelques autres – II – examen critique Après lecture de la notice du CD, du livret d'époque, de la partition postérieure de Philidor (la seule), quelques précisions sur l'objet qu'on entend. Notre avis sur le résultat du disque était déjà lisible , mais on était un peu intrigué par le contenu réel du disque. Non pas à l'identique, mais la restitution de Sébastien Daucé tente d'en rendre l'esprit et les équilibres. Constitué de multiples entrées (réparties au sein de quatre « veilles », plus le ballet solaire final) allégoriques et mythologiques, il reste dans les consciences, avant même l'intronisation de Lully, comme le grand exemple d'usage des arts comme auxiliaire du pouvoir : en 1653, au sortir de la Fronde, Louis XIV victorieux danse en personne le Soleil vainqueur de la Nuit, tandis que les jeunes membres des grandes familles naguère révoltées tournent à bonne distance en simples planètes et satellites. L'entendre en entier (fût-ce de façon reconstituée et approximative) procure aussi un véritable frisson musical : un ballet encore très Louis XIII, marqué la déclamation égale et amélodique du début du siècle et le goût de la polyphonie vocale, qui se déploie dans son entièreté. Un univers encore très marqué par le goût de Guédron, Boësset et Lambert. Si l'on s'abstrait du livret, on est forcément frappé par une forme de monotonie (peu de modulations, peu de surprises), mais en contexte (avec un visuel ou en suivant les indications de scène), c'est une rêverie formidable qui est proposée. Et la qualité des interprètes (Daucé & Correspondances toujours au sommet) permet d'en goûter toute la plénitude : le grain, la perfection du français et la finition ornementale exceptionnelle de Dagmar Šašková vous imposent au moins d'écouter le grand récit de la Lune amoureuse, au début de la troisième entrée. Les musiques sélectionnées par Daucé sont dues aux grands représentants du temps : Cambefort, Boësset, Constantin, Lambert… et pour les parties en italien Cavalli et Rossi. Lully dansait dans le ballet, mais n'avait manifestement pas encore assez d'entrées comme compositeur ; hormis les parties vocales dues à Cambefort, aucune certitude n'existe sur les auteurs de la musique. Le ballet est donné en concert (donc sans effets d'aucune sorte, a priori ?) à Versailles cette saison. En réalité, on ne dispose que des parties de dessus pour les danses (les mélodies seules, donc, pour une musique écrite à cinq parties assez contrapuntiques), avec une basse en prime pour les récits chantés (probablement du copiste de 1690, Philidor, suppose Daucé). Sébastien Daucé a donc récrit toutes les parties intermédiaires qui manquaient (et le contrepoint des instruments de dessus dans les soli vocaux) Mais il n'a pas conservé l'intégralité des danses, seulement les deux tiers (51 sur 77). Le reste a été complété par des airs à succès parfois repris dans les ballets de cour (Boësset notamment) et des extraits de deux opéras italiens écrits pour Paris, l'Orfeo de Luigi Rossi et l'Ercole amante de Francesco Cavalli. Sébastien Daucé justifie ce choix par l'esprit déjà très mêlé des références du ballet – et il est vrai qu'on y croise à la fois Vénus, des bourgeois, des épyptiens, des porteurs de chaises, Amphitryon, la Lune, un mercier, deux bandits, quatre vieilles sorcières ailées et six loups-garous ! Néanmoins, j'avais déjà trouvé, à l'écoute, que ces extraits d'opéras italiens étaient très différents du charme des ballets archaïsants encore dans le style de Louis XIII (toutes les danses sont écrites dans la tonalité de sol, majeur ou mineur !). Il y a bien sûr de réels bijoux, comme le chœur du sommeil dans l'Orfeo, mais le type de plaisir n'est vraiment pas conforme à ce qu'on peut attendre du sujet… et considérant qu'il n'y avait pas un pouce d'airs italiens (et pour cause, célébration finalement assez sérieuse, malgré son côté hétéroclite, d'une gloire proprement nationale) dans l'original, je m'explique mal À part l'envie pour Daucé de graver ces belles pages – mais pourquoi dans ce disques ? Bien sûr, on voit bien ce que l'intégralité des danses aurait eu de lassant pour les musiciens et pour les auditeurs, mais à tout prendre, des extraits d'autres ballets de cour (Ballet d'Alcine de Guédron, au hasard), d'autres airs de cour monodiques (proches des récits) ou même polyphoniques, auraient complété de façon plus cohérente. Cela reste un magnifique disque, et l'occasion unique d'entendre l'essentiel de ce ballet angulaire dans l'histoire de France, au delà même de celle des arts. B. Opéra européen 3. Bellini : I Capuletti e i Montecchi joués correctement Une œuvre au tempérament assez donizettien (très distendu, malgré de petites appoggiatures et de petits effets harmoniques qu'on entendrait jamais chez l'aîné), qui ne m'a jamais paru tenir ses promesses – j'ai toujours, à tout prendre, aimé davantage Giulietta e Romeo de Vaccai. Mais, voilà, quand on le joue comme il faut, que ça avance, claque et respire à ce point, tout coule avec naturel, rien ne s'attarde, le drame devient captivant. Fabio Biondi (avec Europa Galante) réussit le même tour de force qu'Antonini pour Norma, mais dans une partition beaucoup plus difficile à réussir, qui semblait de prime abord moins bien s'y prêter (pourtant, sa propre Norma est paradoxalement moins passionnante, moins radicale aussi, il est vrai). D'ordinaire distendue, atone et molle, même dans les meilleures versions, l'œuvre est revigorée par les nouveaux tempi et par les timbres incisifs, soutenus par un piano providentiel, qui densifie l'assise d'ensemble d'une façon plus percussive que mélassée. À cela s'ajoute un plateau peu célèbre mais superlatif, entre le Belcanto Chorus (4 sopranos, 4 mezzo-sopranos, 8 ténors, 6 basses) d'une limpidité chambriste, Davide Giusti (Tebaldo) qui chante comme Kunde, Ugo Guagliardo (Capellio) qui évoque fort Courjal, le fruité de Valentina Farcas (Giulietta) et l'énergie proverbiale de Vivica Genaux (Romeo), impossible de résister. S'écoute de bout en bout sans effort. À recommander à tous ceux qui n'aiment pas (encore) le belcanto romantique, ou qui veulent voir la Lumière et renoncer aux interminables tunnels de cantilènes de sons purs. 4. Verdi : des colonies d'Aida Beaucoup écouté Aida cette semaine. (Aussi des choses plus chic, comme Ariadne auf Naxos ou Die Frau ohne Schatten, mais j'en parlerai plus tard ; ou comme le Ring, mais j'en parlerai ailleurs.) ¶ Molinari-Pradelli en 1960 à San Francisco avec Rysanek et Vickers, une référence contre toute attente, dans laquelle Molinari-Pradelli insuffle une urgence remarquable, et où l'on récolte le meilleur du couple principal : Rysanek très souple, pulpeuse et expressive malgré la justesse aléatoire et l'opacité de la diction, Vickers dans ses meilleures années, encore lumineux, équilibré, légèrement mixé, loin de la bascule vers l'émission entièrement nasale de ses années de gloire – c'est déjà trop tard dans le studio de Solti. (Paru chez Line - Cantus Classics, son moyen.) ¶ Solti en 1963 au Met avec L. Price, Gorr, Bergonzi, Sereni et Siepi, à mon sens la meilleure version commercialisée à ce jour. Bergonzi y est un rien débraillé (oui, le Met a des effets ténébreux inattendus sur les moins soupçonnables d'entre nous), mais reste forcément suprême, Price à son faîte (elle était alors irrésistible, avant les raucités plus discutables des années 70), Sereni toujours mordant et électrisant, Gorr très maîtrisée (rien de crié), et surtout Solti ne fait pas du tout dans le grandiose stérile de sa version de studio : tout est net, tendu, très articulé, parfait pour exalter la mécanique verdienne, tout en concision. Assez enivrant, sans sombrer dans la complaisance glottophile – même s'il y a amplement de quoi se contenterr de ce côté-là (Siepi en Ramfis, c'est presque trop, n'en jetez plus !). ¶ … mais aussi Questa 51 (avec Curtis Verna et Valdengo pas à leur sommet, et Corelli déjà insupportablement poseur – à tout prendre, il semble plus assumé avec Mehta), Serafin 53 (Tebaldi, Penno, Savarese, son vraiment lointain mais belle version), Votto 56 (Stella, Simionato, Di Stefano, splendide distribution pas toujours assez animée par le chef, et là également une captation moyenne). ¶ Et je récidiverai vendredi avec la version Pappano partout encensée, qui sera alors révélée en dématérialisé (après le disque, pour une fois). Les extraits entendus sur les ondes ont l'air surtout passionnants (mais alors, vraiment passionnants !) pour Kaufmann et Pappano, le reste promet de moins m'exalter (Harteros placide et vibrant lentement, Semenchuk opaque, Tézier un peu abîmé, avec un contour plus flou). De toute façon, Pappano donne la garantie d'une explosion de couleurs (de pair avec un goût très sûr), et Kaufmann est rarement autre chose que fascinant (dans le pire des cas). [Entendre les critiques de France Musique dauber sur le caractère habituellement routinier de Pappano (pourtant un des chefs d'opéra dont la technique est la plus impressionnante ; or dans Verdi, la concurrence en grands chefs constructeurs devient vite rare, ce devrait se percevoir même à l'oreille modérément aguerrie) pour revendre la soupe des références des magazines d'une époque où l'on ne trouvait que les quelques versions les plus studio-figées du marché (Serafin, Muti, Abbado !) m'a plongé dans des abîmes de perplexité — qu'on peut résumer en « pourquoi ? mais pourquoi ? ».] 5. Récital russe de Vesselina Kasarova Chose étonnante pour une bulgare aussi célèbre, n'avoir que peu pratiqué ce répertoire. La voilà donc dans un récital spécialisé reprenant les principaux moments de bravoure pour mezzo-soprano : Olga, Lyubasha, Marfa, Marina… C'est un bel album, très convaincant (originale inclusion de Dargomyzhsky, superbe extrait de Snegourotchka de Rimski-Korsakov pour terminer…), mais vocalement étrange, comme toute la carrière de Kasarova : on a sans cesse l'impression de naviguer entre deux natures vocales, sans jamais pouvoir déterminer la sienne, simultanément large et pâteuse, laryngée, façon mezzo russe ogresse alla Obraztsova ou Borodina, et petit timbre léger et antérieur comme un soprano tchèque… Association dont on entend sans cesse le découplage, mais qui n'est pas sans charme. C'est de toute façon un programme dont on ne bénéficie pas si souvent – et ceux qui, depuis une quinzaine d'années, commentent son vertigineux déclin, en sont manifestement pour leurs frais. 6. L'opéra réaliste / vériste / naturaliste Mais de ce fait, vous pouvez aller voir du côté de Bruneau, ou bien sûr Z mrtvého domu. Là, la prise de position est nette. — Carnets sur sol (@carnetsol) 7 Octobre 2015 Ce n'est pas du réalisme du tout (au contraire), mais dans L'Étranger de d'Indy (voire les Pêcheurs de Widor), il y a ce plaidoyer social. — Carnets sur sol (@carnetsol) 7 Octobre 2015 Déjà l'objet de plusieurs notules (La Lépreuse , L'Attaque du Moulin , les ambiguïtés du vérisme musical…), et il faudra y revenir. Dans l'attente, la conversation a repris (il faut cliquer dans la page pour déplier la conversation) sous un autre angle, sur le fil Twitter de Carnets sur sol. Des pistes d'écoutes complémentaires, peut-être. C. Vaste monde et Gentils 7. Élection d'orchestres : les résultats Le site Bachtrack, après avoir proposé un vote (en l'avait mentionné dans un précédent carnet d'écoutes), publie les résultats . L'heureux vainqueur admet sans peine avoir bénéficié avant tout d'un solide réseau de sympathisants Web, ce qui récompense davantage la politique en ligne ou, dans le meilleur des cas, la qualité des relations avec le public qu'une réelle qualité objective – je ne crois cela dit jamais avoir entendu la Radio-Télévision Irlandaise, ils sont peut-être excellents (mais je me doute qu'ils ne sont pas suffisamment nombreux à l'avoir entendue pour pouvoir en juger de façon équitable !). Plus qu'un palmarès (principe absurde, et même résultats à la fois corrélés à la notoriété et atterrants, concernant celui des critiques professionnels qui précédait le grand vote – aiguillon parfait), c'est une mise en valeur d'un chef et d'un orchestre peu célèbres et manifestement très liés à leur public. Sympa. -- Sinon, écouté Schumann-Berg par Röschmann-Uchida, divers anciennes versions bouleversantes de Leçons de Ténèbres de Charpentier, beaucoup de Haydn (symphonies en mode ventripotent ou en mode crincrin, quatuors en pagaille par de nombreux ensembles particulièrement excellents…), les Sonates d'Ysaÿe, la musique de chambre de Lekeu… et je n'ai pas le temps d'en parler. Mais je tiens à le préciser, qu'on ne me prenne pas pour trop glottophile, quand même.

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Riccardo Muti




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Grands chefs d'orchestre

Scala Orchestre Symphonique De Chicago Mozart Brahms Schumann

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